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Comment va Lilie ?

Publié le 31/01/2011
Sandrine Dangreville
Sandrine Dangreville, responsable du déploiement de Lilie pour la région Île-de-France fait le point sur la situation du projet et répond en particulier aux inquiétudes exprimées par le proviseur du lycée Guy de Maupassant et l'administrateur local de l'ENT dans un entretien récent.


Comment se déroule pour vous le déploiement de Lilie ?


Le déploiement de Lilie se déroule correctement. Les équipes des lycées sont réceptives au projet. Mais la philosophie de l'ENT met en cause tout le fonctionnement de l'établissement. Il est donc normal qu'un tel projet se heurte à des résistances et rencontre des difficultés. Cela ne doit pas nous étonner. Ce qui est important c'est que tous les utilisateurs puissent constater par eux-mêmes, de façon concrète, qu'ils ont quelque chose à gagner avec Lilie : les administratifs autant que les pédagogues, les lycéens autant que les parents.

Les élèves sont encore peu impliqués dans le déploiement de l'ENT. Mais ils seront intéressés par l'orientation et le cahier de textes, c'est un outil qui leur convient.
Enfin, nous avons une vraie demande de la part des parents. On constate que les parents sont moins intrusifs lorsqu'ils sont bien informés sur la vie de l'établissement et des classes que lorsqu'ils ont l'impression d'être tenus à l'écart.

Comment expliquez-vous les défaillances signalées à la rentrée, par exemple sur les cahiers de textes qui n'étaient pas toujours disponibles et parfois disparaissaient ?


Il faut bien comprendre que le processus de transmission des données, depuis l'annuaire fédérateur de Sconet et de STS vers l'ENT, est complexe. Il est complexe sur le plan technique parce que les données doivent être mises à jour en temps réel, mais il l'est également pour des questions de sécurité : les échanges de données doivent se faire de façon parfaitement sécurisée. Si le processus n'est pas anticipé et bien préparé, alors les risques de dysfonctionnement existent. C'est ce qui est arrivé lors de cette première rentrée.

Mais le problème ne vient pas de la solution elle-même. Si l'annuaire n'est pas à jour, le professeur ne voit pas ses cahiers de textes. Il a l'impression que Lilie ne fonctionne pas. Mais Lilie est la partie émergée du système. En réalité, le problème se situe en-dessous, au niveau des données.

Nous travaillons en ce moment avec les services des trois rectorats pour simplifier et raccourcir la procédure, tout en préservant l'exigence de sécurité des données. Les choses se passeront beaucoup mieux à la prochaine rentrée.

Sandrine Dangreville

Les utilisateurs se plaignent aussi des lenteurs de l'application. Comment l'expliquez-vous ?


Nous avons eu, il est vrai, avant la Toussaint, des incidents techniques qui ont rendu le service indisponible pendant quelques temps.

« Nous étions un soir dans un lycée où l'on se plaint souvent de lenteurs
dans l'usage de Lilie, malgré un débit d'accès Internet de 8 Mbs
symétrique.
Nous étions ce soir-là les seuls utilisateurs connectés et l'application était pourtant très lente. Nous nous sommes finalement rendu compte que la lenteur s'expliquait par une mauvaise configuration du serveur d'accès Internet du lycée. »
Mais pour ce qui est de la lenteur, là encore, on incrimine souvent Lilie à tort. Les lenteurs peuvent être causées par le navigateur.

Nous avons demandé au départ à Logica que Lilie soit exploitable avec Internet Explorer 6. Aujourd'hui, nous nous interrogeons. Ce navigateur pose toutes sortes de problèmes. Les utilisateurs ont, de toute façon, intérêt à en changer, par exemple en utilisant Firefox qui respecte mieux les normes actuelles et qui est un logiciel libre.

Les lenteurs peuvent aussi provenir des débits : soit des débits internes de l'établissement qui peuvent être insuffisants, plus souvent des débits d'accès à Internet.

La cause des lenteurs observées doit être cherchée à tous les niveaux : le navigateur, le poste, le câblage, le proxy, le firewall, le fournisseur d'accès et aussi, bien sûr, Lilie ...

Mais s'agissant de la solution, nous réalisons de façon régulière un audit de performance. Or, ces audits ne font remonter aucun signalement de lenteur, hormis sur certaines fonctions avancées, par exemple le glisser-déposer, qui peuvent être un peu lourdes dans l'exécution.

Le proviseur et l'administrateur du lycée Guy de Maupassant ne comprennent pas qu'il ne soit pas possible d'attacher des pièces jointes dans la messagerie. Pourquoi cela n'a-t-il pas été prévu au départ ?


C'est un choix initial de la région. Nous avons fait des arbitrages financiers : il faut savoir que l'espace de stockage pour une messagerie dans laquelle on peut joindre des fichiers de façon confortable revenait à doubler le budget nécessaire pour ce service. Si l'on souhaite partager des documents, il existe des espaces de travail qui remplissent cette fonction.

Nous avons prévu d'ajouter, dans une prochaine version de Lilie, une fonction permettant d'insérer aisément dans un message un lien vers un document stocké dans un espace partagé ce qui devrait répondre à la demande.

Les équipes de terrain ont l'impression que la prise en compte de leurs remarques et de leurs demandes est lente. Que leur répondez-vous ?


Les évolutions de Lilie sont permanentes depuis le début et nous les poursuivons. Mais Lilie est un projet industriel et il est vrai que les évolutions prennent du temps.

« 
Nous avons créé avec Logica un chantier d'incubation de la solution. Toutes les demandes des usagers sont enregistrées dans un outil de gestion. Des groupes de travail classent, priorisent et évaluent le budget nécessaire à la réalisation de chaque demande d'évolution. Ensuite, la Région prend une décision et Logica réalise les développements commandés. »
 


Par ailleurs, d'autres acteurs peuvent être impliqués dans ce processus. Pour les éditeurs des logiciels de vie scolaire par exemple, les réglages qui permettent l'interopérabilité entre Lilie et leurs applications sont délicats.


Certaines règles de fonctionnement de l'ENT sont imposées par le SDET, le schéma directeur des espaces numériques de travail, qui est établi au niveau national et que nous avons choisi de respecter pleinement. Le SDET recommande des règles strictes en matière de communication. A l'usage, nous nous sommes rendu compte que les établissements avaient besoin de plus de souplesse et de plus de réactivité. Nous allons répondre à leur demande.


Quelles sont les autres évolutions prévues dans les prochains mois ?


En début d'année, nous avons mis en service la version 1.4.9 qui comporte déjà des améliorations par rapport à la version précédente. Avant la rentrée de septembre 2011, nous déploierons la version 1.5 qui intègrera des évolutions substantielles comme, par exemple, l'interfaçage de Lilie avec le serveur interne de l'établissement.

Nous travaillons enfin sur le cahier de textes. Une refonte ergonomique importante est en cours ainsi qu'une option permettant d'entrer dans le cahier de textes par l'emploi du temps. C'est une fonction qui nous est réclamée par beaucoup d'utilisateurs. Enfin, la version qui sera mise en service en septembre 2011 intègrera une suite absences et notes complète.

Nous aurons l'occasion d'y revenir. Merci !






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Sandrine Dangreville
est chargée de mission pour la mise en œuvre des ENT et TICE à la diirection des politiques éducatives et de l'équipement des lycées (Unité Lycées).


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L'Unité Lycées de la région Île-de-France est en charge de l'ensemble des politiques en faveur des lycées publics et privés d'Île-de-France.


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