
Après Théo Battistella, proviseur, nous interrogeons Patricia Besnard, professeur de SVT au lycée Gabriel Fauré à Paris. L'entretien porte sur son rôle de personne ressource pour les TICE et de ses attentes au moment où l'arrivée de l'ENT s'annonce comme imminente.
Vous prenez le relai d'un professeur ressource TICE qui était très investi dans le fonctionnement du réseau. Est-ce difficile de prendre la suite ?...
Effectivement, mon prédécesseur était très compétent, très engagé ; il ne comptait pas son temps. Je ne peux pas me comparer à lui. Il a mis en place un système solide, très sécurisé, trop au goût de certains...
Je conçois mon rôle d'une façon différente. Mon intérêt se porte principalement sur les usages, moins sur la technique elle-même.
Concrètement, de quels moyens disposez-vous pour vous occuper de l'informatique dans le lycée ?
J'ai un service de 21 heures. Pour 7 heures, je suis formatrice TIC : j'anime des stages sur site de mise à niveau en bureautique, d'usages pédagogiques des TNI, la mise en place du B2I, mais aussi des stages sur les usages pédagogiques des TIC en SVT. Je fais cela depuis 8 ans. J'ai 10 heures d'enseignement au collège et au lycée, une heure de décharge pour le labo et 3 heures supplémentaires pour m'occuper de l'informatique et notamment pour travailler sur le futur ENT. Cette année, en plus de cela, je suis une formation lourde «personne ressources» qui me prendra environ 60 heures sur l'année. C'est beaucoup et, comme mon prédécesseur, je suis obligée de ne pas trop compter mon temps.
Hier mercredi par exemple, j'ai passé l'après-midi à travailler à l'installation de 20 nouveaux PC pour la physique: raccordement, installation des logiciels, intégration dans le réseau. Nous avons aussi désinstallé les anciens postes. Comme ils sont recyclables, certains seront installés au foyer et au CDI, les autres stockés à la cave. Toutes ces tâches nécessiteront deux à trois jours de travail. Finalement, j'ai quitté le lycée à 19h !...
Depuis la rentrée, il se passe beaucoup de choses et tout arrive en même temps : des travaux de câblage, le remplacement des serveurs, le raccordement sur la fibre optique. Une entreprise s'occupe de la partie purement technique.
Le CAPTI (centre académique parisien de technologie et d'informatique) nous propose d'installer un serveur Scribe mais cela supposerait d'abandonner notre serveur pédagogique qui tourne sous Windows 2003. Pour l'instant, nous préférons rester avec notre système actuel. La question c'est de savoir si une entreprise privée pourrait reprendre la gestion du serveur.
Où en sont les usages des TIC au lycée ?
Nous sommes une cité scolaire et les professeurs peuvent enseigner à la fois sur le collège et le lycée. Au collège, nous préparons les élèves au B2I et nous faisons cela le plus sérieusement possible. Cette année, nous expérimentons le B2I niveau lycée en seconde option scientifique et en première S.
Comme partout, nous avons un noyau de collègues qui utilisent beaucoup l'informatique, qui travaillent ensemble sur le B2I ou dans leur discipline, et d'autres qui ont beaucoup de mal à s'y mettre. Quelques-uns ne saisissent pas eux-mêmes leurs notes sur NotaBene et le font faire par un collègue, une secrétaire...
Nous utilisons un système de réservation de salles en ligne qui fonctionne très bien. Il sert pour les salles informatiques, le labo de langue où se trouve le TNI et la planification des devoirs sur table des terminales, tous les vendredis après-midi.
Tout le monde s'en sert, même si quelques collègues me demandent parfois de faire les réservations pour eux.
Votre lycée s'est porté volontaire pour faire partie de la première vague de déploiement de l'ENT au début de 2010. Comment vous y préparez-vous et quel sera votre rôle ?
Je souhaite d'abord limiter mes interventions à la gestion des utilisateurs et laisser toute la partie technique à l'entreprise. Je pense et j'espère que l'ENT allègera la charge de la gestion du réseau et que je pourrai consacrer plus de temps à l'accompagnement de mes collègues.
Il est prévu que je sois le référent ENT pour le lycée mais j'espère ne pas être seule. Le proviseur doit constituer une équipe de quelques professeurs et nous organiser pour que les choses se passent au mieux.
Vous devrez vous réunir plusieurs fois pour organiser le déploiement de l'ENT. Ce n'est jamais facile, les professeurs manquent de disponibilité. Comment voyez-vous les choses ?
J'en ai parlé et certains collègues sont assez motivés pour s'impliquer. Je ne m'inquiète pas. Nous trouverons des moments pour nous retrouver, le mercredi après-midi par exemple, c'est possible, au moins au début.