Code ton lycée : dernière ligne droite pour le mini-hackaton

Code ton lycée : dernière ligne droite pour le mini-hackaton

La phase du mini-hackathon touche à sa fin. Les 28 lycées participant au concours déposent cette semaine les vidéos portant les couleurs de leur établissement.

Le mois de janvier n’aura pas été de tout repos pour les lycéens franciliens participant au concours <Code ton lycée>. Depuis le retour des vacances, ils ont défini les contours d’applications qu’ils souhaitent intégrer dans leur réseau social éducatif Monlycée.net. Ils s’apprêtent cette semaine à clôturer une phase déterminante du concours : déposer la vidéo qui représentera leur établissement.

L’application proposée porte sur l’un des trois thèmes proposés par la Région Ile-de-France :

  • Dynamiser la vie du lycée
  • Apprendre autrement
  • Se mobiliser pour de grandes causes

Nous nous sommes rendus dans l’un des 28 établissements participant à l’opération. Direction le mini-hackathon organisé au lycée Germaine Tillion (Le Bourget).

Classe d'ICN

<Code ton lycée> : une opportunité pour le cours d’Informatique et Création Numérique (ICN)

Anis Chergui est professeur d’Informatique et Création Numérique (ICN). Pour lui, le concours proposé par la Région s’est imposé comme une évidence. « L’ICN est une matière optionnelle où l’élève doit créer et innover dans le numérique. Le programme n’est ni strict ni figé et l’enjeu pour moi est d’offrir un champ de liberté aux élèves. L’opération <Code ton lycée> est une opportunité rêvée pour créer cette dynamique (…). J’ai proposé aux élèves de participer, tous ont accepté ! »

La classe d’ICN d’Anis est particulière : s’agissant d’un cours optionnel, elle réunit élèves de Première et de Terminale, toutes options confondues. La variété des profils est une source précieuse pour faire émerger les idées pendant le mini-hackathon.

Du « brainstorming » au tournage

Anis Chergui

Après avoir décidé de participer aux concours les élèves se sont réunis en groupes de 2 à 5 pour définir leur projet. Pour Anis, partager des idées, les défendre, les faire évoluer et les organiser, cela s’apprend.

« Avant de se lancer dans la définition d’une application, j’ai proposé aux élèves deux séances de brainstorming en m’appuyant sur des méthodes utilisées en entreprise. J’insistai toujours sur une chose : faire attention à la faisabilité de l’application. Les élèves peuvent avoir plein d’idées mais certaines sont difficilement réalisables or la faisabilité est essentielle en création numérique. Le brainstorm a permis de faire le tri dans leurs projets ! »

Les élèves ont ensuite travaillé à la finalisation de leur concept, l’ont rédigé et ont même parfois préparé des maquettes de l’application imaginée. L’heure du tournage est arrivée.

Idées variées au service de la vie du lycée

Ce sont Yasmine et Helin, toutes deux élèves de Terminale ES, qui se lancent. Elles nous expliquent que de nombreux élèves du lycée font l’objet d’une fiche de suivi qui doit être remplie d’heure en heure par les membres de l’équipe éducative.

Yasmine et Helin

« On a constaté que la gestion papier de la fiche de suivi posait de nombreux problèmes : perte, oubli, dégradation, difficultés d’archivage, etc. On sent que ça serait mieux pour les profs et les élèves de faire d’une autre façon. L’idée de notre application c’est de gérer la fiche sur Monlycée.net » explique Yasmine.

Helin complète : « l’intérêt de cette dématérialisation c’est de permettre un véritable suivi pédagogique. Jusque-là, on ne sait pas si c’est très utile. Le fait que les profs puissent directement saisir dans  un outil les comportements de l’élève et la qualité de son implication permettra de voir s’il s’améliore ou si au contraire, il faut être vigilant pour le recadrer… »

De leur côté, Stephen et Stéphanie, élèves de 1ère S, s’apprêtent à présenter leur concept de « Class recorder ».

« Au lycée, toutes les classes ont des tableaux numériques avec des stylets mais on n’exploite pas toutes les potentialités de ce matériel. C’est dommage et c’est pour ça que j’ai imaginé un programme qui enregistre le cours du début à la fin. Tout ce que le prof écrit sur le tableau, c’est enregistré et stocké sur Monlycée.net. En option, le prof pourra choisir d’enregistrer sa voix. L’intérêt pour l’élève c’est d’être plus concentré et actif en cours : on écoute, on pose des questions parce qu’on sait qu’on n’est pas obligé de tout noter puisqu’on pourra revoir le cours chez nous ! »

Stephen et Stéphanie

Stephen a pensé à tout : le poids des fichiers stockés, la possibilité pour l’enseignant d’épingler les cours les plus importants. Aucun doute, il est passionné d’informatique et voit aussi dans <Code ton lycée> une opportunité pour se rapprocher de développeurs et rencontrer des professionnels.

C’est ensuite au tour du quintet de Nassim, Junaid, David, Soulimane et Jeffrey. Fiers de leur trouvaille, ils plaisantent sur le brevet qu’ils pourraient déposer avant que leur application ne soit développée !

Nassim, Junaid, David, Soulimane et Jeffrey

Junaid explique « On se rend compte que c’est toujours la cohue devant le portail du lycée : au moment des entrées et des sorties, il faut montrer son carnet de liaison au surveillant, ça prend trop de temps. Alors on a pensé au système du métro avec le badge et les portiques. Sur notre smartphone ou sur un badge, on aurait une application qui recense nos entrées et sorties dès qu’on passe le portique. En fonction de notre emploi du temps, on est autorisé ou pas à sortir et ça nous enregistre quand on rentre. Grâce à ça, les surveillants pourront se dégager du temps pour des activités plus utiles dans la cour : médiation, dialogue, etc. »

L’avant-dernier groupe à tourner sa vidéo est composé de Haidara-Mariame, Abdoulaye, Nicolas et Yanis. Il est de nouveau question du carnet de liaison.

Haidara-Mariame, Abdoulaye, Nicolas et Yanis

« Notre idée c’est de supprimer les coupons du carnet de liaison qui servent aux parents pour justifier nos absences. Le problème avec ces coupons c’est qu’on perd beaucoup de temps : la vie scolaire constate une absence, envoie un courrier à nos parents, nos parents remplissent le coupon, on le dépose à la vie scolaire… tout ça pour 700 élèves, c’est sans fin ! Avec notre appli, les parents n’ont qu’à se connecter sur Monlycée.net et en trois clics, ils ont justifié notre absence qui est immédiatement transmise à la vie scolaire »

Yanis est convaincu que cette dématérialisation permettra aussi d’économiser du papier et de bénéficier à la protection de l’environnement.

Le mini-hackathon se termine avec le tournage de Rhéda, Mohamed et Achille. Avant d’en arriver à la « Food Diet App », les trois camarades ont surtout réfléchi à la santé et au sport au lycée. Cela les a conduits à s’emparer de la question de la nutrition.

Rhéda, Mohamed et Achille

« On se rend compte que de nombreux demi-pensionnaires ne vont pas à la cantine parce qu’ils ont des problèmes d’allergies ou des régimes alimentaires contraignants que les repas du self ne prennent pas en compte. L’idée de la Food Diet App c’est de donner la possibilité à chaque élève de choisir son repas sur des critères nutritionnels adaptés à ses besoins et sans effets néfastes pour la santé » explique Mohamed.

Achille précise que « l’appli permettra de voir par anticipation les menus qui seront proposés et de valider son menu en ligne. En plus, ça fait moins de gaspillage parce que les cuisiniers vont préparer juste ce qu’il faut en fonction des commandes passées. Et pour les histoires d’allergies, en début d’année chaque demi-pensionnaire devra renseigner une fiche médicale en ligne qui donnera des indications aux cuisiniers sur les alternatives qu’il faut proposer »

L’heure du choix

La séance de tournage se termine et Anis réalise que lui et ses élèves doivent désormais faire un choix difficile : désigner lequel des cinq projets portera les couleurs du lycée pour le concours.

« Les projets sont intéressants et tous répondent à des besoins bien réels. Il faudra trancher… » conclut le professeur. La question de la faisabilité sur laquelle il a insisté auprès de ses élèves guidera sûrement son choix. En attendant, Anis Chergui reste serein « la nuit porte conseil ».