Théo Battistella, proviseur du lycée Gabriel Fauré

Théo Battistella, proviseur du lycée Gabriel Fauré

Théo Battistella, dirige les deux établissements de la cité scolaire Gabriel Fauré à Paris. Le lycée est inscrit dans la première phase de déploiement de l'ENT.

Théo Battistella, lycée Gabriel Fauré, Paris
Le lycée Gabriel Fauré, situé dans le 13ème arrondissement, appartient à une cité scolaire où 530 collégiens et 610 lycéens se partagent des locaux qui seront rénovés dans les prochaines années.

Le lycée fait partie de la première vague de déploiement de l'ENT.

Son proviseur, Théo Battistella, a participé à la première série d'expérimentation lorsqu'il dirigeait le lycée Jules Siegfried. Il nous indique dans quel état d'esprit il attend l'arrivée de Lilie dans la cité scolaire.

J'attends l'arrivée de l'ENT avec beaucoup d'intérêt mais, je dois le dire aussi, avec une certaine appréhension. En effet, notre professeur ressources TICE, Alain Brigy, initiateur et administrateur du réseau informatique depuis 14 ans et porteur du projet d'extension a obtenu sa mutation. Une professeure de SVT, Patricia Besnard, nommée l'an dernier a travaillé avec lui pour préparer la relève. Mais le problème récurrent du statut de la personne ressources TICE dans l'établissement est ici fortement rappelé et doit trouver une réponse satisfaisante et rapide.

En l'absence de cette personne ressource, comment comptez-vous fonctionner cette année et les suivantes ?

J'ai fait appel à une société informatique pour assurer la maintenance. La question de l'administration du réseau est toujours à l'étude : choix de la solution système entre Windows Server 2003 et Linux pour les capacités d'évolution, choix de l'administrateur délégué pour sa responsabilité vis-à-vis de chef d'établissement : droits, gestion et sécurité des données, maintenance. J'attends donc les réponses que pourra éventuellement  m'apporter le développement des ENT.

La société de maintenance ne peut pas tout faire, vous avez aussi besoin de personnels présents dans le lycée pour accompagner les enseignants, les mobiliser sur le déploiement de l'ENT.

Théo Battistella, lycée Gabriel Fauré, ParisJe compte en effet sur Patricia Besnard, qui connait bien les TIC et qui suit actuellement une formation lourde, pour accompagner le déploiement de l'ENT dans le lycée. Plusieurs collègues paraissent prêts à participer à un maillage  par groupe d'enseignements.

Nous avons fait le choix d'aller de l'avant : une extension de notre réseau  a été livrée par la Région Ile-de-France et son activation va être réalisée prochainement, ce qui augmentera le nombre de prises d'accès dans la salle des professeurs et les salles de sciences mais également à l'infirmerie, à la loge, dans les bureaux administratifs et sur diverses bornes en libre-service. Dans les jours qui viennent, nous allons être connectés à l'opérateur de la Ville de Paris pour la fibre optique, et le rectorat met en place les serveurs AMON et HORUS de nouvelle génération. La Région va renouveler nos vieux serveurs et la première vague de généralisation des ENT arrive...

Mais, je le répète, on ne pourra pas éluder la question de la personne « ressources TICE » dans l'établissement, accessible, pédagogue, rassurante...

Lycée Gabriel Fauré, ParisDans quel état d'esprit se trouvent les enseignants du lycée à l'égard de l'ENT ?

L'arrivée des ENT est annoncée depuis trois ans. Certains professeurs sont déjà très engagés.

L'administration et la vie scolaire se sont familiarisées avec l'outil informatique : la construction des emplois du temps, le contrôle d'assiduité, les bulletins scolaires, le courrier électronique. Beaucoup d'échanges passent par le réseau.

La plupart des enseignants maîtrisent à peu près la saisie informatisée des bulletins scolaires ou la réservation des salles. D'autres se sont engagés dans le cahier de texte électronique. Certaines disciplines, sciences, mathématiques, langues vivantes, intègrent l'outil informatique dans leurs programmes : logiciels spécialisés, tableurs, laboratoire de langues, tableaux numériques interactifs.

La classe virtuelle devrait permettre de résoudre certains problèmes d'organisation du travail ou de suivi individualisé, par exemple en cas d'éviction scolaire dans le cas très médiatisé de la pandémie grippale. Il faudra veiller cependant à ne pas aggraver les écarts entre ceux qui disposent d'une informatique domestique, confortable et adaptée, et les autres. La mise à disposition de bornes d'accès au lycée est une question cruciale. L'égalité des chances reste la priorité. On ne se passera pas non plus de la présence roborative et bienveillante du professeur dans sa classe.

Une certaine inquiétude, légitime, existe : un gros effort de formation doit encore être fait et est programmé avec la direction de la formation du rectorat sous forme de formations d'initiative locale (FIL). J'espère démontrer rapidement l'intérêt d'un travail à distance comme, par exemple, mettre en œuvre le cahier de textes en ligne de façon systématique en septembre 2010.